Décibels en campagne

Du délire.

En ville où la raison l’emporte, tout résonne parfaitement orchestré, réglé comme du papier à musique. Vibrato des moteurs de voitures, a tempo des klaxons de motos, allegro des poubelles qu’on ramasse, montée en gamme des marteaux-piqueurs, soirée concerto retransmise en intégralité par les cloisons mitoyennes. Au village, du n’importe quoi. Le coq lance des cocoricos quand ça lui chante (cler), l’âne de la crèche d’ordinaire muet se met à braire sans préavis et la vache dont on ne sait trop ce qu’elle rumine (si ce n’est de vous encorner) meugle en tintinnabulant de la cloche. Monsieur le Juge je vous le demande un peu est-ce tolérable ? Affaire entendue. Le coq est condamné à 30 séances de mime pour en prendre de la graine, l’âne et la vache à se repentir « non le touriste ne me fait pas braire et ce n’est pas une vache à lait », le citadin à cesser de battre la campagne sans en faire tout un foin. Silence, dossier suivant Tympan Délicat contre Carillon Bruyant.

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